Lundi 11 juillet – 1er jour

panneau-ville

Il est 10h pétante quand je franchis le panneau « Chemillé1». La route a été bonne, mais le temps est bien couvert. Une fois passées les vignes du Layon, j’avais pénétré dans « Les Mauges » – quart Sud-Ouest du département de Maine-et-Loire, comme disent des cartes plus anciennes – où vivent, paraît-il, des « mauvaises gens ». Ma gorge se noue… Que va-t-il m’arriver ? J’aurais dû m’organiser. Je sais pas, moi. Me préparer. Prévoir un truc pour ma défense, en cas de coup dur. C’est vrai, ça. On ne sait jamais. Surtout que je suis loin de tout ici, perdu entre Angers et Cholet.

Tiers lieux et centre sociaux même combat…

Je dois quand même avouer que c’est moi qui ai choisi Chemillé-en-Anjou pour faire mon stage. Probablement mon côté maso. Je n’y avais jamais mis les pieds, mais la réputation de leur « centre social de geeks », je crois que c’est ça qui m’a attiré (voir la fin de mon premier billet du 16 mars). Allez, pour celles et ceux qui ne savent pas encore ce que c’est qu’un centre social, il est temps de comprendre, une bonne fois pour toutes, que c’est ce que certaines âmes plus branchées nommeraient aujourd’hui un « tiers lieu », au sens plein du terme. « Eh, les gars, je fais mon stage dans un tiers lieu ! ». Ça fait tout de suite plus chic, nan ? C’est fou comme les mots ont leur importance. Un conseil en passant. Au lieu de dire : « je fais mon stage dans un centre social d’un trou paumé en Anjou » dites plutôt « je fais mon stage dans un tiers lieu en milieu rural ». Z’avez saisi la nuance ? Ça passe mieux sur le CV. Faut pas les brusquer les bonnes gens, faut leur parler avec des mots actuels.

Bon, pour la petite histoire, les centres sociaux que personne ne connaît, à part les allumés du bocal (nan, je blague), ça fait juste plus de cent ans que ça dure en France. Un truc de vieux, quoi. Pas sexy pour deux sous. Et ça prétend être des tiers lieux ? Laissez-moi rire ! Y’a même pas de coworking ! Pas si sûr, attendez la suite du journal, car vous risquez d’être surpris.

Ça y est, je vous sens plus détendus. Bien. Maintenant, reprenons. Si on résume la définition de Ray Oldenberg, créateur du mot « tiers lieu » (third place)2 on dira que c’est un terrain neutre qui nivelle les différences entre les gens. C’est un espace accessible et accommodant où l’apprentissage et l’atmosphère y sont plutôt ludiques. C’est un home-away-from-home, un truc un peu flou : ce n’est ni la maison ni le travail, c’est un peu des deux et bien plus encore. C’est ça en gros un centre social. D’aucuns diront que c’est un lieu de socialisation, un lieu de vie, quoi… et d’autres d’ajouter : « d’éducation populaire », car la dimension d’apprendre ensemble est fondamentale. Tiens, je vois poindre à nouveau la « communauté apprenante ». Rien de nouveau sous le soleil…

Un centre social, c’est un machin qui se réinvente tout le temps et qui brasse des gens de tous les âges, de tous les horizons. Un lieu qui s’organise autour de la volonté et d’initiatives d’habitants. Des gens qui se prennent en main et qui agissent pour améliorer leur environnement, leur quotidien. Tiens, je vois poindre à nouveau l’empowerment. Rien de nouveau sous le soleil… Dit autrement, c’est de la « démocratie participative » si vous voulez que j’actualise mon langage. Rien de nouveau sous le soleil… Ne dites plus après ça que vous ne savez pas ce que c’est qu’un centre social ni que c’est un repère de ringards et de cas soc’, car ils pourraient bien avoir été en France les germes du mouvement makers avant l’heure, dans la droite ligne de Monsieur Jourdain.

…qui passe par un projet social

temps-qui-court-proj-socDans un centre social, tout gravite autour de ce qu’on nomme dans notre jargon un « projet social ». Oh le gros mot ! Mais nan… c’est juste un diagnostic qui est fait tous les quatre ans environ sur les besoins (au sens large) des habitants d’un territoire donné. Quand on comprend qui habite un territoire, on peut mieux s’organiser collectivement et faire plus de trucs sympas pour que la vie ne soit pas uniquement une succession de petites saynètes jouées à la gloire du Dieu Conso. Car faut pas croire, dans les centres sociaux on réfléchit, mais on pense que c’est mieux de le faire à plusieurs cerveaux plutôt que de rester à la maison. Et ici, à Chemillé, ça fait près de quarante ans que ça dure.

Comme dans tous les centres sociaux de France et de Navarre, toutes les classes d’âges sont représentées, de la petite enfance aux personnes âgées. La mixité sociale n’y est pas un vain mot ni une breloque que l’on arbore sur les rapports d’activité pour faire plaisir aux élus et aux financeurs locaux.

Pour clore ici temporairement le rapprochement centres sociaux/tiers lieux, j’incite vivement nos aimables fabmanagers, facilitateurs ou autres animateurs d’espaces récemment estampillés ou assimilés « tiers lieux » de travailler ardemment à la rédaction, au déploiement et à l’évaluation, comme dans les centres sociaux, d’un projet social. Si, à mes yeux, un tiers lieu n’a pas de projet social, il perd son âme de tiers lieu.

Le centre social du Chemillois : rapide visite guidée

logo-CSMais ce qui frappe tout de suite l’œil d’un parisien, c’est avant tout l’espace. Je me sens ici dans la peau du petit frenchy qui débarque aux États-Unis et découvre que tout est disproportionné. Le centre social du Chemillois ressemble comme qui dirait à un hameau. Composé de plusieurs bâtiments et d’espaces verts la perception d’une communauté à l’ouvrage fait tout de suite sens aux premiers abords. Mieux, en franchissant l’entrée toujours ouverte, j’ai immédiatement pensé à un centre de vacances.

Les premiers espaces qui se donnent à voir sont les bâtiments, à gauche en entrant, que l’on suppose être d’anciens ateliers de fabrication. Ce n’est sûrement pas pour rien que leur partie centrale a été baptisée « l’Usine ». Car comme dans une ville, ici, tout porte un nom. Dans l’ordre, on trouve « l’Appart » (où je vais dormir), « l’Usine » qui est le point de ralliement des jeunes et l’espace de travail des animateurs jeunesse, une sorte de tiers lieu dans le tiers lieu et, tout au bout, une extension qui vient à peine d’être terminée : « Le Boc@l » dans lequel Yvan (mon tuteur) et d’autres de ses collègues s’investissent depuis trois ans déjà.

Le centre social vu du ciel
Le centre social vu du ciel avec son environnement proche

Je n’oublie pas les nombreux engins mobiles qui peuplent les espaces de parking et que l’on remarque illico en arrivant : la caravane « Happy Culture Numérique », la rosalie, le triporteur, la caravane des camps d’été, le camping car « Atelier Zen ».

  • Caravane servant au secteur jeunesse à transporter du matériel

En continuant le tour du propriétaire dans le sens des aiguilles d’une montre par l’allée goudronnée qui contourne le bâtiment central de l’ADMR3, on finit par découvrir le cœur du centre social que l’on pourrait appeler le bâtiment principal.

Le bâtiment principal est le cœur de la ruche. Cet édifice et tous les bâtiments annexes sont la propriété de la Communauté de Communes. A l’origine, tout appartenait à l’État (Ministère de l’Agriculture). A leur construction dans les années 50, leur destination était la vulgarisation de techniques de modernisation de l’agriculture. La France était à reconstruire, elle n’était pas autosuffisante sur le plan alimentaire et il fallait développer l’agriculture intensive, transformer les paysans en agriculteurs, les équiper en machines et en produits chimiques pour produire plus… toujours plus… préparer les jalons de la société de consommation que les États-Unis avaient déjà mis en place chez eux après la crise de 1929. Le Plan Marshall a fait le reste.

En 1959, date de sa création, le quartier général actuel du centre social était le « Foyer de Progrès Agricole ». Ça ne s’invente pas ! Tout un discours. Toute une époque où il fallait évangéliser les paysans à la mécanisation et à la monoculture, les rendre dépendants des firmes de l’agrochimie et des semenciers. La suite, on la connaît…

Mais les habitants du coin ne sont pas faciles à mener à la baguette. Ils ne prennent pas tout ce que Paris leur sert et ils ont boudé ce foyer de progrès, préférant construire eux-mêmes leur propre lieu. C’est pourquoi le foyer a été très peu utilisé et laissé un bon moment à l’abandon. Il renaîtra différemment par d’autres dynamiques orientées vers l’animation d’activités éducatives à destination de la jeunesse, des adultes et des retraités. C’est donc l’esprit éduc’ pop’ qui a prévalu à la fin des années 60 et au début des années 70 et qui existe aujourd’hui encore. Pour filer la métaphore agricole, c’est ce ferment-là qui a réorganisé et réorienté le lieu qui accueille la cuisine, le réfectoire, la grande salle polyvalente Jean Fribault, l’espace petite enfance et les bureaux au rez-de-chaussée et à l’étage sous les combles des secteurs enfance, jeunesse et petite enfance.

Le bâtiment historique a fini par s’agrandir au début des années 80, avec la création d’une extension qui accueille une partie des bureaux de l’équipe salariée, des salles polyvalentes, l’espace de formation et de création numérique (le cybercentre), le Centre de Ressources et d’Information du Chemillois (CRIC) qui est aussi l’espace Info Jeunesse.

Tout cet ensemble représente un espace d’environ 1500m² sans compter les espaces verts attenants.

La valeur locative des bâtiments mis à disposition gracieuse par la Communauté de Communes est estimée à 46 000 euros.

  • Le centre social vu du ciel
    Le centre social vu du ciel avec son environnement proche

Le centre social : un carrefour et un point de départ vers les territoires

La particularité d’un centre social en milieu rural est son territoire qui est beaucoup plus large que dans un contexte urbain qui est à l’échelle d’un quartier et/ou d’un arrondissement. A Chemillé, le centre social rayonne sur tout un secteur : la région du Chemillois. Depuis décembre 2015, la communauté de communes de la région de Chemillé a été baptisée « Chemillé-en-Anjou ». Cette fusion qui va dans le sens de la réduction du nombre de communes en France regroupe 13 communes

Chemillé-en-Anjou : carte de la communauté de communes

« Si tu ne vas pas au centre social du Chemillois, c’est le centre social qui ira à toi ». Telle pourrait être la devise de la structure. Ce qui impressionne au premier abord, c’est que le centre social est à la fois un carrefour où convergent différents secteurs d’activité (voir l’organigramme), des associations, des structures parapubliques hébergées (Mission locale, Point Info Jeunesse…), mais aussi d’où partent de nombreuses initiatives venant des secteurs d’activités. Le secteur jeunesse est par exemple très impliqué dans les écoles de tout le territoire, mais ce n’est pas le seul. D’autres initiatives, portées par les habitants et soutenues par le centre social finissent aussi par prendre leur envol ailleurs à travers la création d’une association. Accompagner les projets des habitants fait partie des grandes missions d’un centre social.

Speed dating avec quelques salariés

Faire un stage dans une structure qui emploie plusieurs dizaines de salariés (permanents ou temporaires) induit forcément qu’on ne peut pas échanger avec tout le monde. Surtout lorsqu’une partie des effectifs est soit en vacances soit répartie sur plusieurs sites (actions sur l’ensemble du territoire du Chemillois, camps de vacances dans le département ou à l’étranger…). Je croise donc sur mon chemin et au fil des déambulations différentes personnes que je ne reverrai peut-être pas durant mon stage d’une semaine.

cuisine
La cuisine : lieu ressources du centre social

La cuisine fait partie des espaces de choix pour les rencontres. Lieu de socialisation du centre social, elle fait en quelque sorte fonction de grande machine à café. L’endroit où l’on échange de tout et de rien et c’est ça qui est bien et qui est pleinement utile à la vie et au bien-être du groupe. Tous ces moments qui cimentent une communauté de travail. En somme, un des tiers lieux dans le lieu qui, avec ses 28 m² offre bien des opportunités !

Katia : elle s’occupe des familles, réalise, entre autres, des ateliers cuisine, anime l’atelier mobile Zen avec la camionnette qui propose sur le territoire des séances de coiffure et de manucure. Lorsque je la rencontre dans la cuisine à mon arrivée, elle semble agitée. Un deuil vient de survenir dans une famille qui fréquente le centre social. Elle la connaît bien et s’inquiète pour les enfants. Les obsèques auront lieu cette semaine. J’espère de mon côté pouvoir connaître un peu mieux son travail.

Cécile : elle s’occupe de l’entretien et de la propreté des locaux. Je la félicite pour la tenue irréprochable des locaux et de la cuisine qui est un de ses points d’ancrage.

Benoît : il gère les secteurs de l’enfance et de la jeune qui emploient le plus grand nombre de salariés aussi bien permanents que vacataires. Dans ses nombreuses prérogatives, Benoît a mis en place avec ses collègues la webradio Fréquences Mauges qui possède un studio mobile dans la caravane du même nom. Cette question m’intéresse particulièrement car je travaille depuis près d’un an à la création d’une webradio dans mon centre social pour créer des espaces de parole et d’écoute et pour mener des actions pédagogiques avec les jeunes et les adultes. Peut-être aurai-je l’occasion de m’entretenir avec lui pour avoir un retour d’expérience ? Rien n’est moins sûr, car il est toujours au four et au moulin, par monts et par vaux sur l’ensemble du Chemillois.

Tas de papiers pour la collecteUne première info filtre néanmoins dans cet échange éclair : la radio tourne sur la plateforme Radio King (en version payante), bien connue des créateurs de webradios.

Monter un projet c’est s’investir personnellement pour trouver les moyens de le financer comme une collecte de papier.

Autre fait intéressant qui me saute aux yeux. Apparemment, le pouvoir d’agir est mis en avant auprès des jeunes. J’aperçois un énorme tas de papiers et journaux [image] qui occupe une grande partie de la salle commune de l’Usine: récolte de journaux pour financer une partie du séjour en Croatie.

Pierre-Marie : c’est le plus ancien de tous, une des mémoires du lieu. Arrivé au centre social dans les années 70, il le dirige avec tact et bienveillance, le connaît dans ses moindres recoins comme le territoire . Il prendra sa retraite l’année prochaine.

Une matinée en 3D

Après mon rapide passage par la cuisine où je socialise avec quelques salariés, je monte rejoindre Yvan dans la salle Marie-Jeanne Bassot 4. En poussant la porte, je découvre dans un coin trois geek qui s’affairent autour d’imprimantes 3D colorées.

Une communauté Foldarap

Yvan a été formé au montage et à l’utilisation de l’imprimante 3D Foldarap qui est un fork de la très célèbre RepRap mise au point en 2007 par l’anglais Adrian Bowyer de l’université de Bath (voir mon article sur l’historique de l’impression 3D et celui sur les différentes techniques).

Imprimante Foldarap
La Foldarap, une RepRap pliante et transportable. Image Emmanuel Gilloz

On doit la Foldarap au designer français Emmanuel Gilloz, créateur du projet OpenEdge qui réside à Nancy. Emmanuel a toujours été un contributeur assidu dans la communauté RepRap. Avec la Foldarap, il a imaginé une imprimante 3D transportable. Elle est de fait pliante et possède une poignée pour la déplacer facilement. Yvan a eu l’occasion de se former avec lui. C’est pour cela qu’il organise depuis trois ans des formations au montage et à la prise en main de la Foldarap. Le coût de la formation est de 1500 euros. Il prend en compte les cinq jours d’ateliers et l’acquisition de l’imprimante dont le prix de revient est de 700 à 800 euros. Chaque stagiaire peut donc repartir avec sa machine fonctionnelle.

En trois ans, Yvan a formé quelques dizaines de personnes issues majoritairement de centres sociaux, mais aussi de médiathèques et d’associations du Maine-et-Loire et des départements limitrophes comme la Vendée tant la réputation et l’expertise du centre social dans le champ du multimédia et de la fabrication numérique sont appréciées.

Pendant ces formations, un salarié peut être accompagné d’autres personnes bénévoles qui apprendront gratuitement. Cela permet de démultiplier les apprentissages en pratiquant l’essaimage cher à Yvan.

La Foldarap est couplée à un nano-ordinateur Raspberry et aux logiciels libres Slic3r pour le tranchage et Octoprint pour surveiller l’impression de bout en bout grâce au réseau local ou Internet à travers son interface Web. Parmi ses très nombreuses possibilités, Octoprint permet, entre autres, de brancher une caméra pour surveiller l’impression à distance. Il est personnalisable à l’envi par son API et les plugins que la communauté développe. Les techos apprécieront. Pour tous les détails, consulter la documentation.

Sur le plateau d’impression, Yvan utilise du kapton. C’est un film plastique thermorésistant servant à faire adhérer la pièce qui s’imprime. Douloureuse question que celle de l’adhérence dans l’impression 3D. Chacun a ses marottes. C’est ici une alternative au bâton de colle utilisé sur les Ultimakers notamment.

Notre petite communauté apprenante du moment est composée de deux personnes en plus d’Yvan : Olivier et Patrick, ex-stagiaires de la formation montage/prise en main de la Foldarap. Chacun est venu avec sa machine pour effectuer des réglages et poser des questions techniques.

Olivier travaille à la médiathèque Élie Chamard de Cholet dans la cellule des TIC. La ville de Cholet (située à trente kilomètres environ de Chemillé) possède un réseau de bibliothèques-médiathèques qui s’étend sur toute l’agglomération où Olivier intervient dans des ateliers numériques parmi lesquels l’initiation à l’impression 3D (cf sa présentation sur Prezi).

Patrick est salarié de Terres de Sciences, une association de vulgarisation scientifique à Angers qui emploie 18 salariés. Terre de Sciences a dans son giron deux cybercentres et un espace multimédia. C’est dans un de ces trois espaces que Patrick mène des ateliers numériques de toutes sortes. Les ateliers d’impression 3D font, irrésistiblement, leur entrée.

Pause déjeuner dans une brasserie du quartier. Nous échangeons sur l’avenir des animateurs multimédia, des EPN et des transferts souvent opérés en direction des médiathèques où les bibliothécaires doivent s’improviser médiateurs numériques avec très peu de moyens. C’est ce que vit par exemple Olivier qui tourne dans les différentes structures de la ville de Cholet.

Patrick abonde dans ce constat de précarité. Les coupes budgétaires ont cours partout et son association est en passe de fermer un des trois espaces qu’elle anime. L’avenir est plus qu’incertain. Les EPN n’ont décidément plus la cote, même s’ils ont encore de belles et bonnes missions à remplir chez les plus fragiles. C’est déprimant.

La place du numérique au centre social

Le numérique au centre social se décline sous différentes formes, dans différents lieux et à destination de différents publics. Notons que le centre social possède l’agrément d’organisme de formation.

Numérique et multimédia peuvent faire l’objet :

  • De formations (bureautique notamment) pour les particuliers assurées par Claudine, une formatrice extérieure rémunérée par le centre social ;
  • D’initiation à l’informatique et aux fondamentaux de l’Internet et de l’image (photo et PAO). Les thèmes ne sont néanmoins pas figés car ils font l’objet d’une consultation trimestrielle des usagers lors de réunions d’information et de programmation trimestrielle des activités ;
  • De formations pour les salariés dispensées par Yvan dans le cadre de la formation professionnelle rendue possible par l’agrément organisme de formation ;
  • D’ateliers pour les jeunes et les adultes sous la forme d’échanges de savoirs animés par des bénévoles : jeudis matin (informatique), samedis matin et un jeudi soir par mois (bidouille et fabrication numérique), ;
  • D’accès libres informatiques et aux machines de fabrication numérique : découpeuse vinyle, découpeuse fil chaud, imprimantes 3D, fraiseuse CNC, machine à coudre et brodeuse numérique, Arduino et robotique éducative (Thymio, Mbot) ;
  • D’événements ponctuels : Quinzaine de la Fabrique, Geekers Day, Repairs Cafés, Libre en Fête, conférences, coding goûters, rencontres jeux vidéo, Hacker n’est pas jouer, échanges sur les pratiques numériques des centres sociaux… Les exemples abondent sur la page Facebook du cybercentre.

Toutes ces activités peuvent avoir lieu :

Au cybercentre ;

Dans la salle commune de l’Usine (Quinzaine de la Fabrique, par exemple) ;

Au Boc@l (à partir de la rentrée d’octobre 2017) ;

Dans différents lieux partenaires du territoire : écoles, collèges et lycées, associations, centres sociaux et ruraux, centres de loisirs, structures pour personnes âgées… La fabricaravane Happy Culture Numérique peut être engagée lors de ces interventions ;

Rapide passage au cybercentre

  • Le cybercentre
    Le cybercentre situé au bout du hall d'accueil

Ce petit local de 34 m² jouit de l’appellation d’espace régional numérique (ERN) plus généralement connu sous le nom générique d’EPN (espace public numérique). Créé en 1999, il fut l’un des premiers implantés en milieu rural, dans le département et probablement dans la région. On retrouve l’esprit pionnier qui caractérise le centre.

Je ne reste pas longtemps au cyber. J’y découvre un bric-à-brac de geek et de bricolos qui me plaît bien. Je me sens chez moi. Avant de le quitter (je le retrouverai dans les prochains jours), je ne peux m’empêcher de vous raconter l’histoire de sa transformation d’EPN en EPN-fablab.

L’année charnière de cette mutation se situe aux alentours de 2011. Un constat lourd de conséquences pour la suite de la vie de l’espace est fait par l’équipe d’animation multimédia (Yvan et ses bénévoles). Je cite un document relatif au projet de fablab :

Nous constatons, dans notre quotidien, que, pour une grande majorité des personnes maintenant équipées de PC, de tablettes, de smartphones, les nouvelles attentes se situent en matière d’usages avancés des outils numériques. Nous sommes aujourd’hui face à des usagers qui recherchent, au travers du cybercentre et de son animateur, des informations, des échanges de savoirs et des pratiques collaboratives en matière de traitement des images, de création de montages audiovisuels et, depuis peu, de « bidouillage » électronique et de fabrication assistée par ordinateur.

Quelques lignes plus loin, le mot fablab est lâché. Je rappelle que nous sommes en 2011. Rares sont les endroits et les fées en France qui se penchent sur le berceau des fablabs, surtout dans les espaces ruraux. Mais Chemillé a une chance particulière ce qui n’enlève rien à son esprit d’avant-garde. A cette même époque, non loin de là, Emmanuelle Roux – que nous connaissons bien au Faclab puisqu’elle fait partie des fondateurs – a monté la Forge des Possibles à la Roche-sur-Yon. En octobre 2011, une délégation d’une vingtaine de personnes du centre social

Yann

Yann

Médiateur Numérique chez L'@nnexe - Relais 59
Pollinisateur social et rat de lab
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