Mercredi 13 juillet – 3e jour

Nous passons la matinée avec Martin et son groupe de onze jeunes en camping (camp bidouille). Cette petite bande de geeks (tous des garçons !) passent cinq jours sous la tente non loin du centre social, à cinq minutes à pieds, sur le terrain d’une école située au bout du parc du cloître. Pendant ce camp bidouille, les jeunes travaillent à la création d’un jeu vidéo avec le logiciel d’apprentissage du code Scratch. Ils réalisent également de petits programmes radiophoniques dans le studio mobile installé pour l’occasion dans l’école où ils ont leurs quartiers.

Ce matin, retour au centre social : les jeunes vont se familiariser avec deux machines et peut-être trois, si le temps le permet :

  • La Minicut 2D ;
  • La découpeuse vinyle Silhouette CAMEO ;
  • L’imprimante 3D Foldarap.
  • Présentation de la Foldarap au groupe de jeunes du camp bidouille numérique
    La Foldarap fait toujours des curieux et de futurs émules

On sépare le groupe en deux : certains travaillent sur la CAMEO avec Yvan et d’autres sur la Minicut 2D avec Martin.

La Minicut 2D

La Minicut 2D est une machine à fil chaud spécialement conçue par un vendéen non loin d’ici pour découper des matériaux légers comme le polystyrène et certaines mousses dures. Elle est très facile de prise en main et est particulièrement adaptée aux enfants et aux modélistes qui réalisent des avions.

Martin est à la manœuvre : il enseigne les grands principes de la machine. Les jeunes la calculent tout de suite. Chacun, tour à tour, écrit et découpe son prénom dans des morceaux de styrène de récupération. Cela occupe le groupe pendant toute la séance, car la Minicut a son propre temps machine.

La Silhouette CAMEO

Etienne de silhouetteCette machine est bien connue des scrapbookeuses qui l’ont immédiatement adoptée ! C’est la même que celle du Faclab. Celle-là même à laquelle Clara nous a initiés lors de son atelier « apprendre en faisant ». C’est donc pour moi une bonne occasion pour faire des révisions.

Nous expliquons avec Yvan les rudiments de la découpe vinyle et de la nécessité de proposer des images vectorielles simples dans leur colorimétrie (de préférence monochrome) et dans leur forme (pas trop de petits détails). Nous les sensibilisons à la notion de silhouette. Histoire d’entretenir mon côté pédant (on ne se refait pas!), je rappelle l’origine bien sympathique du mot venant du nom de famille d’un noble du 18e siècle qui échoua dans sa carrière de contrôleur général des finances, mais qui, ironie du sort, passa à la postérité et ce, dans de très nombreuses langues qui ont adopté ce mot pour désigner les fameux profils en ombre chinoise qu’Étienne de Silhouette aimait à dessiner et à exposer dans son château de Bry-sur-Marne. Je conseille pour cette étymologie le numéro du programme d’Arte Karambolage du dimanche 1er mai dernier.

Nous enchaînons sur comment trouver des silhouettes en ligne en proposant quelques sites ou des techniques de recherche avec les fonctionnalités avancées de Google.

Les jeunes se mettent d’accord sur leurs choix (tous orientés vers le jeu vidéo qu’ils préparent sur Scratch), mais finalement changent d’idée en proposant des visuels (soumis au vote) pour réaliser un sticker « Camp Bidouille Numérique », l’intitulé de la semaine qu’ils vivent ensemble.

Nous expliquons la différence entre une image Bitmap et une image vectorielle. Nous introduisons le format vectoriel ouvert SVG que le logiciel libre Inkscape génère en natif. Pour exploiter des SVG dans le logiciel de gestion de la CAMEO, il faut, au préalable les convertir en .dxf. Inkscape sait faire ça très bien.

Pour la Foldarap, comme nous l’avions pressenti, le temps nous manque pour lancer des impressions, mais nous pouvons expliquer le fonctionnement et les principes de l’impression 3D et faire une rapide démonstration. Ce n’est pas très grave, car nos jeunes geeks fréquentent tous le centre social et pourront, j’en suis persuadé, revenir s’adonner aux plaisirs de ce jouet rigolo qu’est la Foldarap.

Avant d’aller se restaurer, rien de telle qu’une petite partie de babyfoot grandeur nature et de construction locale…

  • babyfoot
    Un babyfoot géant et lowcost

… et d’une présentation du Boc@l pour les mettre en appétit. Yvan explique la finalité du Boc@l et égraine la liste des machines qui peupleront le local. Pour allier le geste et l’image à la parole, Yvan a toujours des choses à montrer. Pour illustrer le travail de la découpeuse laser, il présente la boîte qu’il a élaborée hier à La Plateforme de Nantes en reprenant un modèle sur le site du Carrefour Numérique de la Cité des Sciences de Paris. C’est ça la force de l’Internet et du travail en réseau.

Sur le dessus de la boîte, il a gravé le visuel de la Quinzaine de la Fabrique de 2013 qui avait initié le projet fablab au centre social. En un seul objet, on peut mesurer le chemin parcouru de l’idée à la réalisation. Bel esprit de synthèse. Les jeunes peuvent ainsi se projeter et se créer dans le Boc@l de nouveaux possibles, de nouveaux imaginaires. On rêve, les yeux ouverts.

Le groupe se montre très réceptif. La plupart semble déjà très au fait des machines de fabrication numérique. Yvan et son équipe a bien travaillé.

Pour ma part, j’aurai le privilège de retourner au Boc@l cet après-midi, en compagnie des jeunes adultes qui ont participé à sa construction. A suivre donc…

Le Chantier

Après-midi : bilan du chantier dans le Boc@l

C’est un moment qui était attendu. Depuis trois ans pourrions-nous dire. Cet après-midi a lieu, dans le nouvel espace du Boc@l, le bilan d’un chantier de jeunes pas comme les autres. Le centre social propose depuis 2013 une forme de chantier d’insertion bien singulier qui prend fin ce jour avec le groupe de la sixième session. J’ai une chance inouïe : la scène va se dérouler sous mes yeux. Mon stage tombe à pic ! Mon émotion est grande et je ne suis pas le seul. La chaleur étouffante accentue la dramaturgie.

Avant de retrouver les différentes acteurs, un petit flashback s’impose pour y voir clair.

Les origines du chantier

Nous sommes mi-avril 2013. C’est la Quinzaine de la Fabrique au centre social. Deux semaines de folie du 16 au 27 avril. De la fabrication à tous les étages, dans tous les domaines, avec tous les âges. C’est plus qu’une réussite. Au final ce sont mille visites environ touchant près de trois cent cinquante personnes. La grande salle commune de l’Usine a été largement mobilisée, mais le besoin d’un lieu dédié se fait pressant. Les artisans de ce projet qui a mobilisé tout le centre social lorgnent vers le terrain vague attenant à l’Usine. Il fait 100 m². Idéal pour créer un fablab. En plus, il pourra communiquer avec l’atelier de l’Usine où sont entreposés outil et matériel de bricolage. Le rêve. Pas si sûr, car en mettant ça dans le tuyau de l’oreille des élus locaux, un accord de principe est rapidement donné : la Communauté de communes prendra en charge les matériaux nécessaires à la construction de ce nouveau local. Parfait, mais qui va construire ? La réponse ne se fait pas attendre, car au centre social on a de la suite dans les idées. Au même moment le Conseil Régional lance un appel d’offre. C’est une aubaine. Un dossier de création de chantiers de quatre mois ouverts à une dizaine de jeunes adultes chômeurs est déposé et retenu. Voilà donc comment tout a commencé.

Le but d’une telle aventure ? Allier en quelque sorte l’utile à l’agréable. Comment ? En permettant à des jeunes adultes, ayant besoin de faire le point sur leur orientation professionnelle, d’acquérir différentes techniques pour définir un projet et de participer à la fabrication d’un bien commun : le nouveau bâtiment qui deviendra le siège du fablab du centre social : le Boc@l (BricOloCALe).

Nous sommes proches d’une méthode à la Freinet qui avait pour projet incessant de (re)mettre ses élèves au travail. « Apprendre en faisant ». C’est une constante dans les fablabs. C’était le thème de notre table ronde du 6 avril.

Distinguons d’emblée l’activité chantier de construction du bâtiment du Boc@l de l’action globale nommée « Le Chantier » qui comporte plusieurs activités réalisées du 14 mars au 13 juillet 2016 : séances de sophrologie, d’expression créative, de visites d’entreprises et d’enquêtes métiers, etc.

Ce que visait « Le Chantier »

Permettre à des demandeurs d’emploi, jeunes ou adultes ayant des difficultés à se projeter, d’avoir accès à une formation d’orientation adaptée. Leur permettre, grâce à un accompagnement renforcé, de définir un projet personnel et professionnel réalisable. Mettre en place un parcours d’accès à l’emploi.

Cette action d’orientation est centrée sur :

  • La découverte des champs du possible en sensibilisant à la mixité des emplois, à l’appropriation de méthodologies du travail sur le projet personnel et professionnel ;
  • Des expériences réussies lors du chantier et des ateliers créatifs, et au travers du module image et communication ;
  • Une mise en situation concrète lors du chantier. Une possibilité d’évaluer ses savoir-faire et savoir être ;
  • La connaissance de l’environnement économique en ciblant différents secteurs d’activité porteurs d’emploi : mise en situation (enquêtes métiers, stages) ;
  • L’organisation d’une semaine balisée : découverte des entreprises et structures du territoire, rencontre avec des professionnels.
  • Un accompagnement personnalisé pour éviter les ruptures de parcours.

Ses objectifs détaillés

  • Travailler la confiance en soi, sa relation aux autres, avec les institutions, les entreprises (par la dynamisation, l’Exprim’théâtre, l’expression orale…) ;
  • Définir et construire un projet personnel et professionnel cohérent en tenant compte de son potentiel et du marché de l’emploi ;
  • Développer sa créativité, se tester, apprendre à se faire confiance, partager ses émotions ;
  • Reprendre des repères, un rythme de travail et développer ses capacités d’autonomie, ses capacités de communication, d’expression et de créativité en lien avec les différents ateliers et le support du chantier ;
  • Développer des savoir être et savoir-faire adaptés à la formation et à l’entreprise par le biais des enquêtes professionnelles, la participation au chantier-école ;
  • Découvrir les secteurs d’activité et les métiers par l’intervention de professionnels ainsi que par les visites et les stages en entreprises ;
  • Négocier une entrée en formation pré-qualifiante ;
  • Se confronter aux autres en argumentant son projet personnel et professionnel devant un jury (formateur référent, conseiller Mission Locale/Pôle Emploi, chef d’entreprise).

Infos pratiques

  • Dates de la 6e session : du 14 mars au 13 juillet 2016
  • Durée du chantier : 4 mois (581 heures)
  • Financement : Conseil Régional des Pays de Loire – 300 000 euros sur trois ans
  • Nombre de participants : 11 jeunes adultes (3 femmes et 8 hommes). 3 sont sortis du processus (1 pour cause de maladie et 2 pour cause de retour à l’emploi)
  • Moyenne d’âge du groupe : 19,5 ans
  • Présents lors de la restitution : 7 sur 8 : Nicolas, Kevin, Anaïs, Clément, Charlène, Nathan et Valentin. Manon, absente, a trouvé un emploi.

Domaines d’intervention :

En découvrant l’ingénierie pédagogique et de projet, je suis émerveillé. Rien ne me semble superflu dans les contenus et les activités proposées qui alternent subtilement entre le développement personnel et l’apport de compétences professionnelles. De quoi dynamiser les jeunes et les rendre plus autonomes dans leur projet professionnel et leur recherche de stage et d’emploi.

Module Assuré par Nb Heures
Bilan professionnel et bilan personnel, démarches recherche de stage CS 73,5
Élargissement des choix professionnels Connaissance du bassin d'emploi CS 26
Chantier CS / CHRS La Gautrèche 168
Exprim'Lab Ateliers créatifs APV/CS 24,5
Informatique TRE (techniques de recherche d'emploi) CS 35
Régulation, suivi individuel CS 15
Vie citoyenne / sociale CS/MLC/IRSA/ALIA/CIDDF/Planning Familial 10,5
Remise à niveau CS 17,5
Communication, image de soi, costume CS 22
Développement durable CS 7
Sauveteur secouriste du travail (SST) CS 14
TOTAL AU CS 413
TOTAL EN STAGE 168
DURÉE TOTALE 581

Un partenariat bien pensé

Comme à son habitude, le centre social a une grande capacité à réunir différents partenaires du territoire pour mener à bien les projets qu’il construit. Dans le cas du Chantier, le centre social avait associé des professionnels issus du social1, de la prévention et de la santé2, de l’accès aux droits3 (CIDFF), de l’emploi4 (Mission Locale) et de la formation pédagogique5.

Le tout, dans une logique de partenariat interne entre différents secteurs : l’emploi et la formation (tête du projet), le numérique et la jeunesse. Une belle articulation qui a porté ses fruits, notre présence aujourd’hui pour ce bilan, avec la livraison du Boc@l l’atteste. Chapeau bas !

Bilan des quatre mois

Tout le monde est là : les jeunes qui ont participé, les salariés du centre social impliqués, les partenaires, le financeur.

Les jeunes sont tendus. Ce sont eux qui sont préposés à la présentation générale du bilan. Pas forcément très simple de s’exprimer en public.

Le « Chantier du Boc@l »

  • Le Boc@l
    A 14h un drame va se jouer.

Ce chantier à proprement parler, puisqu’il s’agit d’une activité du secteur du bâtiment, a une grande vertu et ce, à plus d’un titre. D’abord, parce qu’il est directement utile au centre social à travers la sortie de terre du local du fablab, le Boc@l. C’est toujours une fierté que de dire « c’est moi qui l’ai fait ». Ensuite, parce qu’il s’inscrit dans une chaîne où d’autres jeunes, au fil des sessions, ont mis la main à la pâte. C’est toujours agréable et valorisant que de dire « on l’a fait ensemble ».

Rien d’étonnant si ce qui était visé par les maîtres d’œuvre était apprendre à travailler en équipe, apprendre l’autonomie et s’autogérer, prendre des initiatives, valoriser par le concret, découvrir des métiers du bâtiment, reprendre des repères et un rythme de travail, multiplier les espaces de travail (en intérieur, en extérieur, espaces plus ou moins restreints)…

Le groupe de la 6e session qui arrive en fin de chantier était chargé de :

  • Poser les plaques de placoplâtre avec leurs joints ;
  • Poser le revêtement en bois (OSB) ;
  • Peindre le local ;
  • Monter une paroi coupe-feu attenante à l’atelier de l’Usine en vue de construire par la suite un vestiaire ;
  • De créer, aux abords de l’entrée du bâtiment principal du centre social, des parterres de fleurs et de légumes.
  • Parterre floral et potager
    Fleurs et légumes se côtoient...

Dans tout ce processus, les participants sont à la manœuvre (en demi-groupes ou en individuels) : évaluation des besoins, gestion des devis et des commandes auprès des fournisseurs, gestion des plannings…

A en juger les retours des encadrants, la 6e session est un bon cru. Le groupe, plutôt homogène, a fait preuve de responsabilités et d’entrain. Chacun y a trouvé sa place et a su faire fonctionner l’entraide dans les moments difficiles. Le chantier a aussi eu la vertu d’être un espace de détente.

Les autres activités du chantier

Le chantier du Boc@l ne représente, sur l’ensemble des quatre mois, qu’un petit tiers des activités. Faisons maintenant le point sur les autres modules.

Bilan personnel et professionnel

choix

Cette partie dédiée à l’accompagnement de chaque participant dans la mise en forme d’un projet personnel et professionnel comprend plusieurs activités :

  • Travail sur le projet ;
  • Utilisation d’outils spécifiques comme le logiciel Pass’Avenir, les fiches métiers du CIDJ ;
  • Enquêtes professionnelles ;
  • Négociation de stages ;
  • Entretiens individuels.

Ateliers créatifs (Exprim’Lab)

Expression, écoute/observation, concentration, confiance, affirmation et estime de soi… tels sont quelques-uns des points développés dans ces ateliers qui alternent entre des exercices corporels et des improvisations. Chaque séance fait état d’un bilan. Un travail est également mené sur le regard et le non-verbal.

Dans les méthodes mise en œuvre, celle de Futuraktao©, créé par Michel Yacger, associé au projet et basé non loin de là à Angers avec son Académie des Projets de Vie.

Ateliers de créativité

Les ateliers se sont faits en alternant les exercices en groupe et en individuel : jeux créatifs, utilisation des trois langages créatifs : collage, dessin, écriture. Parmi les outils utilisés, on peut noter la méthode du Journal Créatif mise au point par la québécoise Anne-Marie Jobin.

Les séances proposées amènent la personne à se focaliser sur le processus et non sur un résultat à atteindre. L’atelier n’a pas pour vocation de développer les capacités artistiques ou littéraires, mais la capacité à s’exprimer librement et spontanément. C’est ce que nous confient les animateurs de ces ateliers dans leur bilan.

Costume et vêtements

Un travail a été mené autour du costume avec une créatrice professionnelle de costume de scène et de vêtements. Après une visite de son atelier, le groupe a fait un travail de jeu théâtrale et d’improvisations in situ au Jardin de Verre de Cholet. Les participants ont ainsi pu mesurer l’impact du costume/vêtement sur leur comportement, leur personnalité et dans le regard de l’autre.

Par ailleurs, ils ont pu se familiariser avec des techniques de couture en réalisant une fresque textile exposée au Boc@l.

Le Chantier
Leur histoire est celle d’une construction commune…

Technique de recherche d’emploi (TRE)

Ce volet, incontournable dans ce type de projet, rassemblaient six grandes activités :

  • Coaching dans l’utilisation du téléphone dans la recherche d’emploi ;
  • Recherche d’emploi et de formation en ligne ;
  • Ateliers CV et lettre de motivation ;
  • Préparation à l’entretien d’embauche ;
  • Analyse des contrats de travail ;
  • Ateliers de perfectionnement à la bureautique orientée emploi.

Bilans personnels

Après la présentation générale et collective ont lieu d’autres saynètes : les témoignages de chaque jeune présent.

Nicolas

Nicolas gère bien sa présentation. Il s’exprime assez facilement en public. Son parcours ? Il a fait un bac pro en systèmes électroniques et numériques. Puis il est parti en Angleterre pour travailler bénévolement dans l’aide humanitaire. A son retour, il n’était pas très décidé. Ne savait pas bien vers quels ailleurs s’orienter. Son projet professionnel n’était pas défini avant sa participation au Chantier.

Son stage, il a choisi de le faire au centre social, puis dans un ESAT à Melay, une commune voisine. Suite à cette expérience, il a compris qu’il avait besoin de réunir dans son futur travail deux composantes : le technique et le social. Bien considéré dans ses deux stages, les perspectives sont bonnes pour lui. Il a notamment une ouverture pour faire des remplacements dans l’ESAT de Melay qui est disposé à l’aider à préparer le concours de moniteur d’atelier. Notons aussi que son permis de conduire est en cours.

Kevin

Kevin est moins à l’aise, moins loquace. Son projet est de devenir mécanicien automobile. Il a effectué un stage à Melay qui a été concluant. Son objectif est donc de passer son CAP, de préférence en apprentissage, mais il semble qu’il ait dépassé la limite d’âge pour ce type de processus.

Anaïs

Anaïs est aussi très réservée et c’est peu dire. Plutôt renfrognée. De prime abord pas du tout coopérante. Son projet ? Travailler dans la restauration collective. Elle a effectué plusieurs stages dans différentes collectivités et recherche un emploi. Les référents du projet lui ont conseillé de passer un CAP ad hoc. Mais Anaïs veut surtout gagner sa vie et la perspective de repasser un CAP ne l’enchante guère.

Clément

Clément est vraiment à l’aise ce qui ne l’empêche pas de ne pas savoir quoi faire de sa vie. En revanche, il sait ce qu’il ne veut pas faire. C’est déjà un avantage. Pendant la durée du Chantier, il s’est surpris à faire certaines choses. Ça m’a amélioré nous confie-t-il. Ayant exploré la piste de l’animation socioculturelle, il n’envisage plus d’y revenir. Ses ambitions salariales sont plus conséquentes. C’est pour cela qu’il veut devenir vendeur. J’adore le relationnel, le contact avec les gens. Je suis quelqu’un d’assez bavard. Bon ça, pour un vendeur… Son plan est clair : saisir des opportunités d’embauche et de carrière. Il a déjà postulé à des offres, mais aucune réponse. Ayant plus de vingt-et-un an, il n’est plus inadmissible dans les contrats pro.

Charlène

Charlène projette de travailler dans l’animation. Elle a réalisé deux stages au centre social qu’elle va pouvoir prolonger avec un contrat en service civique. Petit bémol pour que ce projet devienne effectif : elle doit passer son permis. Nous sommes en milieu rural et les problèmes de locomotion, surtout chez les jeunes, sont cruciaux. Ne pas avoir son permis est un réel handicap aujourd’hui sur notre territoire. Cet un vrai frein à l’emploi. C’est pour cette raison que le centre social a mis en place un système de prêt de scooter.

Nathan

Nathan est un grand balaise très doux. Il a fait de la mécanique dans le passé (il a son CAP), mais il ne souhaite pas percer dans ce métier. Non, la bagnole, ça l’intéresse différemment. Son truc à lui c’est de préparer des véhicules. Il les lave à l’extérieur et à l’intérieur, les bichonne, fait certaines vérifications pour que le client soit satisfait. Vous l’avez compris, Nathan ne s’occupe pas de modèles low cost. Il a déjà fait ce travail en job d’été dans le cadre d’un remplacement chez un concessionnaire. C’est d’ailleurs dans ce type d’entreprise qu’il a réalisé un stage où il a reçu tous les éloges. La formation du chantier l’a clairement dynamisé et sa voie est tracée dans sa branche.

Valentin

C’est probablement celui qui a le profil le plus technique du groupe. Il a une formation dans le génie frigorifique. Son stage, il l’a fait dans une entreprise d’insertion où il était chargé d’aider les salariés à réparer des objets. Cette expérience lui a plu. Valentin souffre d’un handicap : son élocution est parfois difficile car sa voix très perchée met d’emblée une barrière avec ses interlocuteurs. Le Chantier lui a servi à mieux se socialiser dans un groupe. Il a passé un entretien d’embauche pour un CDD de quatre mois comme technicien de maintenance dans une société d’énergies renouvelables. Patience, son heure viendra…

Le bilan se termine autour d’un goûter où nous pouvons échanger avec les participants et les professionnels ayant conduit le chantier. La pression retombe chez les jeunes. La satisfaction et la fierté transpirent de partout : jeunes, encadrants et partenaires sont soulagés.

Je quitte la fournaise du Boc@l pour un bain de foule adolescente agitée dont les flux et les reflux alternent entre l’Usine et une énorme benne métallique : ce sont les papiers collectés pour financer le séjour en Croatie qui virevoltent dans une excitation potache.

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Yann

Yann

Médiateur Numérique chez L'@nnexe - Relais 59
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