Rencontre avec Samuel Trebert et son approche pédagogique par le faire.

Rencontre avec Samuel Trebert, professeur des écoles, à la maternelle des Grésillons :
Sa classe est une grande pièce, avec des fenêtres horizontales, bien éclairée, et bien remplie. Une multitude de feuilles, crayons, des boites à chaussures en guise de valises pédagogiques, pour ses propres expérimentations. Une montagne de Lego et un robots lego (Lego mindstorm), pour apprendre à programmer, et le nouvel arrivant Ozobot qui pourrait bien faire de la concurrence à ce dernier. Ozobot, c’est un robot miniature qui réagit aux lignes et aux couleurs qu’il croise sur son chemin. l’idée est de lui créer toutes sortes de trajets et lui assigner différentes actions (avancer, tourner, pivoter, accélérer, etc.) afin par exemple de lui faire gagner une course ou le faire sortir d’un labyrinthe. Avec sa taille réduite on peut aussi s’en servir sur tablette. Mais pour Samuel, la tablette n’est pas à propos. Ses élèves sont dans l’apprentissage du graphisme et de la coopération. Grâce à ce robot que l’on peut aussi programmer par une architecture type Scratch, il pourra amener les enfants sur le terrain de la programmation sous forme iconographique. La programmation est aussi un langage, structurant la pensée comme l’écriture.
Cette approche alternative est quelque chose qui lui correspond « ce qui amuse le maitre, amuse les enfants ». Il « embarque ses élèves » par ce biais, sa pédagogie propre, sans oublier pour autant le programme et ses objectifs : création de carte, production d’écrit. Par exemple, tout les mardi ils décloisonnes avec des CP dans le cadre du printemps des poètes. »cela crée une émulation.
Si en CP c’est le maitre qui dicte, en maternelle c’est l’inverse. L’enfant s’exerce ainsi à correctement parler, bien énoncer les choses, face au professeur qui fait office de récepteur en écrivant au tableau, puis en lisant ce que l’enfant lui a dit. Un ping pong élève / professeur s’opère alors jusqu’à ce que l’élève finisse par avoir un énoncé clair et bien construit. Un execice difficile qui demande beaucoup d’énergie et d’attention, d’autant plus qu’il y a le reste du groupe. Naturellement même si Samuel habitue rapidement ses classes à l’autonomie, des interférences entre l’élève interrogé et le reste du groupe peuvent arriver.
Sa classe est à géométrie variable, selon qu’ils travaillent en groupe, groupes distincts ou en individuel. Quelques zones sont fixes, la bibliothèque, la table à Lego, le TNI un vidéo projecteur interactif projetant sur le tableau, et les boites de sciences. Présentons ces outils:
-L’intérêt du TNI, une coopération entre l’élève et la tache, entre l’élève et ses pairs. Ce dernier permet d’aborder une activité intéressante, la spatialisation. En jouant avec son stylet sur le plan vertical, l’enfant apprend à se repérer, se déplacer, que se soit en écriture, normé de gauche à droite ou pour se déplacer dans un labyrinthe. Après avoir gérer la verticalité sur un espace surdimenssioné, il devra ensuite se reporter à l’horizontalité en travaillant à l’echelle d’une feuille de papier. C’est une expérience corporelle qui developpe la latéralité et l’orientation.
Samuel adapte aussi les kit de connexion Makey makey sur le TNI pour en faire des pads. L’enfant peut ensuite déplacer un bon-homme dans un labyrinthe. Pédagogiquement, on crée une mise à distance, une abstraction, l’enfant ne dirige plus directement avec le stylet mais utilise le pad comme intermédiaire. Selon Samuel l’abstraction est facilité par ces outils. On peut aussi travailler sur l’approche de coopération en divisant le tableau en 2. L’enfant construit un dessin à base de vignettes, et l’autre doit faire la même chose ou ajouter quelque chose. Un dialogue, une entraide s’établit alors.
-La table à Lego leur permet de construire d’autres robots que ceux proposé à la base avec capteurs et moteurs. Ainsi même s’ils débutent par suivre les notices de montage, il peuvent ensuite démonter, ajuster et s’approprier aussi leur robot sur le plan mécanique. Puis ils pourront ensuite le faire se déplacer en le programmant. Mais on peut aussi travailler sur la coopération et l’autonomie pour la construction d’un robot, avec un groupe de 4-5 enfants. Tout débute par une discussion enfants maitre pour poser des bases. On parle organisation, division des taches, on défini des responsables, et c’est parti : un enfant pilote le chantier, il contrôle la vue d’ensemble, certains construisent, les autres sont fournisseurs de briques, pendant que Samuel prend de la distance et n’intervient que si c’est nécessaire.
Les boites de sciences :  celle-ci sont numérotées, documentées. Chacune d’entre elles correspond à un principe physique ou chimique.
Lors de ces activités, les enfants rassemblés par 2 ou 3 maximum, observent dans une première longue phase. Il devront dans un second temps être capable de dessiner ce qu’ils ont observé et de l’expliquer par le « pourquoi, parce que » avec le vocabulaire adapté et une bonne synthaxe.
Toutes les activités sont liées avec le langage pour fil rouge. « En maternelles on construit le langage en émission comme en réception » (compréhension). Me dit il.
A l’extérieur de sa classe Samuel a initié aussi des « forums sciences » avec Sylvie Morel directrice de l’école Louise Michel, située à 2 pas. A la différence de ce qu’attendent les inspecteurs concernant les forums sciences, à savoir des schémas de principes physiques ou chimiques sur des panneaux, Samuel et Sylvie voulaient que les élèves participent, qu’ils reviennent plusieurs fois. Ils voulaient aussi que l’enfant ne soit pas obligé de tout faire, qu’il aille vers ses affinités, que les expériences soient redondantes à travers différentes activités, mais que les conclusions restent les mêmes.
Avant de le quitter, riche et enthousiaste de ce que je venais de voir, nous sommes revenus sur son support Ozobot qu’il testait, lors de mon arrivée, avec des feutres et un support Veleda pour éviter une consommation excessive de papier : « ca marche bien, mais le problème c’est que les enfants risquent d’effacer les traits involontairement ». je lui répondit qu’il suffisait de protéger le dessin avec une feuille de plastique souple et transparente. Une discussion sur l’aspect pratique de son support débuta, et il reconnu qu’il était très en demande de ce genre de conseils comme certains collègues autour de lui. Nous avons fini par exprimer notre envie mutuelle de collaboration maitre / faclab. Suite à de plus amples explications, je reparti avec la ferme intention de fabriquer ce support Ozobot.