Les fablabs et les chambres des métiers et de l’artisanat: inspiration

Etape 3
Au départ, le design est né de l’industrialisation, et a supplanté, en terme de production, l’artisanat.
On a donc pu produire des pièces en grandes séries…Certains métiers ont d’ailleurs disparu de ce fait.
(Ou sont devenus, ce que l’on nomme des « marchés de niche »).
Dans de nombreux articles et rapports, on les associe, comme étant (et cela n’est pas anodin)et c’est peu dire de la vitalité de ce secteur…
Actuellement, de part le principe même des FabLabs,on peut se rapprocher d’une production sur mesure.
Les designers se libèrent de la contrainte industrielle pour optimiser leur pratique dans des fablabs,voir tiers lieux.
Prototyper, fabriquer , ouvrir sa pratique à un usinage de qualité pour de petites séries, permet d’optimiser les couts, d’aller plus loin dans son idée.
Ou disons nettement,de pouvoir parfois tout simplement la réaliser….en ayant accès à un lieu, des machines, des formations et à une communauté…
Ce qui  apparait évident, c’est que le « numérique »(notamment les possibilités d’usinage) semble être très abordable,voir comme un »environnement naturel » pour certains ,les » designers », alors que pour d’autres,les artisans d’art…cela ressort parfois comme assez problématique.Voir antinomique.

“ (Le design et les métiers d’art font partie des) « industries créatives » (ICC) dans la terminologie européenne qui représentent aujourd’hui près de 2,6 % du PIB européen et ont un taux de croissance supérieur à la moyenne. Le chiffre d’affaires du design en France est estimé en 2010   entre 1,9 et 3,4 milliards d’euros. “

Rapport n°2015-077 Octobre 2015 du Ministère de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche.  http://www.institut-metiersdart.org/sites/all/files/imce/2015-077Design.pdf

« Le design s’est développé au fur et à mesure que l’industrie a pris le pas sur l’artisanat.
Le design pourrait donc apparaître comme une activité contradictoire avec l’artisanat.
En fait, il peut aussi être un moyen de redynamiser la création artisanale et de renforcer son identité. »« Le design de A à Z », Jean Charles GATE – 2010, publié par la DGCIS   http://www.industrie.gouv.fr/liste_index/creation_som.html
En effet,
« Le design peut apporter à l’artisanat sa méthode : audit, analyse de la valeur, investigation créative, définition d’axes de développement, concrétisation de nouveaux produits aptes à répondre aux besoins du marché, communication… »

 L’ARTISANAT AUGMENTE
L’artisanat »classique » peut également être une communauté intéressée et motivée par la fréquentation du fab lab, pour peu que le modèle proposé soit opérationnel et sache répondre aux attentes…
J’ai donc découvert également que de nombreuses CMA(chambre des métiers)souhaitaient implanter des FABLABS, justement, à destination des artisans,au sens large cette fois.
Et de mettre en lien des CFA(centre de formation des apprentis),qui sont généralement en lien avec les CMA;
Revenons là aussi sur la définition:
Définition de Chambre des métiers et de l’artisanat (Droit commercial et civil)
Les chambres des métiers sont des établissements publics administrés par des artisans.Elles ont pour vocation de défendre les intérêts des artisans et à être leurs interlocuteurs au niveau des pouvoirs publics. Elles assurent également la formation des artisans et des apprentis.
Elles assurent également le rôle de Centre de Formalités des Entreprises (C.F.E.) pour les entreprises artisanales.
Enfin elles sont chargées de la tenue du répertoire des métiers.Il y a une chambre des métiers et de l’artisanat par département.
Il s’agit d’acteurs majeurs de l’économie, locale, et il y a de véritables enjeux, tant aux niveau  de la vitalité des entreprises et  que des territoires.

LES TESTS:PROTOTYPAGE DE FABLABS EPHEMERES
Au départ de ce projet, le directeur de service économique (Chambre des métiers et de l’artisanat de l’Ariège),Monsieur Gérard ROUX, directeur économique de la chambre des métiers, profondément convaicu des muations à venir et à anticiper…
«L’idée c’est d’associer les métiers d’art traditionnels (ébénisterie et ferronnerie en particulier) et les nouvelles technologies. Nous voulons créer une zone de rencontre entre professionnels et apprentis, un lieu d’échange»

En effet  certaines questions se posent avec insistance,notamment:

ARTISANAT:Dans 10 ans : quel sera mon métier ?

(en référence :RESTITUTION/ FAB EPHEMERE /(EVENEMENT DES 1er ET 2 JUILLET 2016) ARTILEC.

Donc,à la demande de la Chambre des métiers et de l’artisanat de Foix, Artilec, Fablab de toulouse, a mis en place un prototypage de fablab, pour au final, identifier les besoins, et les possibles…et proposer également des ateliers collaboratifs…

Il ressort de la restitution ,du rapport produit par Artilec,une conviction de mutations du statut d’artisan vers celui de designer-maker ; cela implique que l’artisan acquière des compétences supplémentaires.

Ainsi, les évolutions »métiers »possibles:

  • Peintre : pilote de drones de peintures au lieu des échaffaudages,
  • Céramiste : tester des matières pour innover sur la matière (par exemple : carrelage sur mesure),
  • Artisan connecté { d’autres compétences,
  • L’artisan peut fabriquer lui-même tous ces outils en atelier,
  • Le consommateur créera son meuble sur mesure sur internet ; il le personnalisera et l’artisan le fabriquera (exemple : guitare sur mesure de Cocolico).

Le client de demain

  •  Demande des pièces uniques, des objets personnalisés,
  •  Changement des exigences artisanales,
  • Blasé du virtuel,
  • DO IT Yourself avec l’artisan : tous artisans avec lui, Do It for Other
  • Le client demandera d’avoir confiance en l’artisan,
  • Ils demanderont de la qualité – originalité – nouveau – proximité,
  • Tous : tout le monde s’approprie l’artisanat dans son quotidien,

LE REPERTOIRE NUMERIQUE DU GESTE ARTISANAL…

Ce titre »L’artisanat augmenté » est en référence à un article de Bruno MONPERE( Directeur de la Chambre des Métiers et de l’Artisanat du Tarn-et-Garonne Cellule de recherche @artisanumerique)et là aussi, fortement convaincu de la nécessité d’innover…à travers l’hybridation des pratiques et des identités entre artisanat et numérique.
Ainsi la chambre des métiers de Montauban a mis au point un parcours »Artisan Numérique »,(ce qui fait écho au « designer maker »mentionné plus haut…dont l’objectif pédagogique s’inscrit dans la recherche d’une augmentation du « savoir » par le « faire » (et inversement). 
« Ce parcours de formation sur trois années (L1 à L3 Pro Artisan Designer – ouverture en septembre 2016) offre l’intérêt de compétences professionnelles multiples (artisan et designer) et la possibilité d’une double entrée pour un public-cible issu de l’enseignement général et professionnel. »
Par ailleurs, un répertoire numérique du geste artisanal:https://vimeo.com/channels/rngacaps
a été développé en autoproduction par la Chambre des Métiers du Tarn-et-Garonne.Il s’agit de captation-modélisation  numériques des gestes d’artisans, afin de construire une forme d’ encyclopédie,une « grammatisation  numérique des gestes des métiers ». permettant à de jeunes générations ,ou des personnes ayant besoin d’un complément d’apprentissage,de bénéficier,via des applications d’e-learning ,des casques de réalité augmentée(donc en immersion), une nouvelle forme de transmission.Cela a pour fonction également de conserver une mémoire du geste…
Dans un article très dense, et nourri de références, Bruno MONPERE présente de façon très pédagogique ce qui fait de la culture maker, des fablabs un socle de reflexion, à partir duquel on est à même de concevoir une évolution du métier d’artisan, ne serait ce que par la remise en cause notamment « de l’ inféodation aux circuits de fournisseurs  et à certaines formes micro-industrielles de sous-traitance », de même que ce qui se vit dans les fablabs, la communauté, les rencontres ou se croisent ET se partagent des savoirs et des pratiques…permet d’imaginer une nouvelle façon de concevoir ET de produire…