Un peu de lecture en clôture

La formation touche à sa fin et je m’apprête à soutenir mon diplôme la semaine prochaine au Faclab. Avant cette dernière étape, je souhaite clôturer ma série d’articles en vous faisant part de mes lectures entreprises au cours de ma formation. Elles pourront peut-être vous êtes utiles dans vos recherches. Elles ont su pour mon cas, me nourrirent et prolonger ma pratique manuelle et intellectuelle. Je vous les conseille donc en vous souhaitant une bonne aventure dans vos projets futurs !

 

L’ÂGE DU FAIRE Hacking, travail, anarchie // Michel Lallement // ed. SEUIL

De nouveaux lieux de conception, de production et de collaboration voient aujourd’hui le jour un peu partout dans le monde. Équipés de machines industrielles comme des plus récents équipements informatiques, les hackers inventent un nouveau modèle d’activité : le faire (make). À distance des exigences imposées par le marché et les grandes organisations bureaucratiques, les membres des hackerspaces et autres laboratoires de fabrication font du travail une fin en elle-même, sans que quiconque n’impose d’objectifs, de délais, de contraintes… Juste l’envie de faire pour soi.

Fruit d’une enquête ethnographique menée dans la région de San Francisco, là où les chantres de la contre-culture libertaire côtoient les entrepreneurs de la Silicon Valley, ce livre plonge au cœur du mouvement faire. Il en décrit les origines historiques ainsi que ses multiples impacts sur l’économie et la société. Michel Lallement a partagé la vie des hackers, les a regardé inventer, bidouiller et s’organiser au quotidien dans des communautés frottées, pour certaines d’entre elles, aux principes de l’anarchisme. Il les a fait raconter et expliquer leurs vie, leurs choix, leurs idées.

En expérimentant une utopie concrète, les hackers font plus qu’imaginer une autre manière de travailler. C’est une nouvelle grammaire du vivre ensemble que, sous nos yeux, ils sont en train de composer.

Michel Lallement est professeur du Conservatoire national des arts et métiers (CNAM), titulaire de la chaire d’Analyse sociologique du travail, de l’emploi et des organisations et membre du Laboratoire interdisciplinaire pour la sociologie économique (CNRS). Il est l’auteur de nombreux ouvrages de sociologie du travail.


LE GÉNIE DE LA MAIN // Le UN 1 n°166 // 16 Août 2017

Souris, clavier, écran tactile… En ce premier quart du XXIe siècle, la main mène la danse digitale et le travail manuel, longtemps dénigré, amorce un retour en force : on consacre la noblesse de l’artisanat d’art tandis que l’essor des loisirs créatifs révèle le désir de renouer avec le plein potentiel de celle qu’Aristote considérait comme « l’instrument des instruments ». Le dernier numéro de la série d’été du 1 fait le point sur la main.

 

 

 

 

 


Système DIY // Faire soi-même à l’ère du 2.0  Boîte à outils & catalogue de projets // Coordonné par Etienne Delprat // ed. Alternatives

Pratiqué depuis toujours, le « Do It Yourself » resurgit comme démarche politique et éthique avec le phénomène hippie des années 60. Avec les mouvements punk des années 70 et 80, l’état d’esprit et les objectifs évoluent, l’action s’impose comme cadre et objectif de travail et de création. Près de quarante ans après la sortie en France du Catalogue des Ressources – acte de naissance des éditions Alternatives (1975) –, on assiste à un retour du DIY, tout particulièrement en Europe. Posture politique et économique qui replace l’homme et la communauté au centre, philosophie de l’action, appréhension du paradoxe de manque (de moyens) et du surplus (de matières, de structures…) comme richesse, décloisonnement et transversalité des savoirs, le DIY constitue un nouvel état d’esprit. Cet ouvrage propose une introduction ouverte et subjective à ce mouvement d’action et de pensée protéiforme. Il propose d’ouvrir une réflexion et de présenter un panorama critique de projets/pratiques. Catalogue non-exhaustif de projets et d’actions, il ouvre le désir chez chacun de passer à l’action et d’expérimenter.


ENIAROF // Guide de bricolage pour fabrication de fêtes foraines // Antonin Fourneau & Douglas E. Stanley // ed. 1980 Éditions

ENIAROF, anagramme de FORAINE, est né en 2005 sous l’impulsion d’Antonin Fourneau, artiste designer et de Douglas Eric Stanley, artiste et professeur d’arts numériques.

Contre performances, les ENIAROF redéfinissent la participation du public à l’émergence de l’oeuvre. Interrogeant notre rapport aux technologies et les modifications des frontières de la réalité qu’elles impliquent, les artistes invités aux ENIAROF rappellent que l’absurde est avant tout amusant. Le livre BOOKNIAROF sert de manuel de création d’un ENIAROF: apprenez à créer un joystick avec une pomme de terre, l’art n’a pas de limites.

 


Les Vertus de l’échec // Charles Pépin // ed. Allary Éditions

Et si nous changions de regard sur l’échec ?

En France, échouer est mal perçu. Nous y voyons une faiblesse, une faute, et non un gage d’audace et d’expérience.

Pourtant, les succès viennent rarement sans accroc. Charles de Gaulle, Rafael Nadal, Steve Jobs, Thomas Edison, J.K. Rowling ou Barbara ont tous essuyé des revers cuisants avant de s’accomplir.

Relisant leurs parcours et de nombreux autres à la lumière de Marc Aurèle, Saint Paul, Nietzsche, Freud, Bachelard ou Sartre, cet essai nous apprend à réussir nos échecs. Il nous montre comment chaque épreuve, parce qu’elle nous confronte au réel ou à notre désir profond, peut nous rendre plus lucide, plus combatif, plus vivant.

Un petit traité de sagesse qui nous met sur la voie d’une authentique réussite.


Éloge du carburateur // Essai sur le sens et la valeur du travail // Matthew B. CRAWFORD // ed. La Découverte

« La génération actuelle de révolutionnaires du management s’emploie à inculquer de force la flexibilité aux salariés et considère l’éthos artisanal comme un obstacle à éliminer. On lui préfère de loin l’exemple du consultant en gestion, vibrionnant d’une tâche à l’autre et fier de ne posséder aucune expertise spécifique. Tout comme le consommateur idéal, le consultant en gestion projette une image de liberté triomphante au regard de laquelle les métiers manuels passent volontiers pour misérables et étriqués. Imaginez à côté le plombier accroupi sous l’évier, la raie des fesses à l’air. »

Matthew B. Crawford était un brillant universitaire, bien payé pour travailler dans un think-tank à Washington. Au bout de quelques mois, déprimé, il démissionne pour ouvrir… un atelier de réparation de motos. À partir du récit de son étonnante reconversion professionnelle, il livre dans cet ouvrage intelligent et drôle l’une des réflexions les plus fines sur le sens et la valeur du travail dans les sociétés occidentales.
Mêlant anecdotes, récit, et réflexions philosophiques et sociologiques, il montre que ce « travail intellectuel », dont on nous rebat les oreilles depuis que nous sommes entrés dans l’« économie du savoir », se révèle pauvre et déresponsabilisant. De manière très fine, à l’inverse, il restitue l’expérience de ceux qui, comme lui, s’emploient à fabriquer ou à réparer des objets – ce qu’on ne fait plus guère dans un monde où l’on ne sait plus rien faire d’autre qu’acheter, jeter et remplacer. Il montre que le travail manuel peut même se révéler beaucoup plus captivant d’un point de vue intellectuel que tous les nouveaux emplois de l’« économie du savoir ».

« Retour aux fondamentaux, donc. La caisse du moteur est fêlée, on voit le carburateur. Il est temps de tout démonter et de mettre les mains dans le cambouis… »


Le Kit de Démarrage Arduino (Starter Kit) // Projets et texte par Scott Fitzgerald et Michel Shiloh, Revue des textes additionnels par Tom Igoe

Ce kit vous guide, grâce à des exemples pratiques, à travers les techniques de bases à connaître pour utiliser l’Arduino. Vous apprendrez ces bases grâce à la réalisation de plusieurs projets créatifs. Le kit comprend une sélection de composants électroniques les plus courants et les plus utiles, accompagnée d’un livre de 15 projets. Depuis les bases de l’électronique, jusqu’à des projets plus complexes et intéressants, le kit vous aidera à contrôler notre monde physique avec des capteurs et des actionneurs.

 


FabLabs, makerspaces : entre nouvelles formes d’innovation et militantisme libertaire // François Bottollier-Depois // Étude Universitaire
Ce cahier de recherche a été réalisé sous la forme initiale d’un mémoire de recherche dans le cadre de la Majeure Alternative Management, spécialité de troisième année du programme Grande École d’HEC Paris. Il a été dirigé par Elen Riot, Professeur de stratégie à Reims Management School et soutenu le 27 août 2012 en présence d’Elen Riot et d’Ève Chiapello, Professeur à HEC Paris, co-Responsable de la Majeure Alternative Management.
Résumé :
Créés il y a plus de dix ans aux États-Unis par le MIT, les FabLabs commencent à se développer en France. Ce travail est fondé sur une enquête qualitative menée auprès de différents makerspaces français. Lieux d’innovation, ils permettent aux utilisateurs de fabriquer presque n’importe quoi à partir d’outils numériques. Mais au delà d’un simple atelier de fabrication, ces makerspaces sont également des lieux de socialisation à une contre-culture.
Ouverts en principe à tous, ils sont un lieu d’échange et de partage de savoirs et de savoir-faire, sans hiérarchie ni centralisation mais en lien avec le reste de la communauté des makerspaces. Partisans du libre ou de l’open-source, ils œuvrent pour un accès égal et libre à l’information, mais ce militantisme, peu revendicatif, est « silencieux ». Il est davantage dans le faire que dans la critique : c’est en creux, par le contre-modèle et la contre-culture proposés qu’on peut lire les nombreuses critiques sociales et économiques.

Carnet de bord de Camille Bosqué  // http://www.ker-thiossane.org/IMG/pdf/DAKAR_COMPLET_OK_avc_images08012014_1_.pdf

Le texte qui suit est extrait du carnet de bord de Camille Bosqué, doctorante en Esthétique à l’Université Rennes 2 et à l’ENSCI – Les Ateliers, qui mène une thèse sur les FabLabs et la fabrication numérique personnelle depuis octobre 2012 et a accompagné ce premier voyage d’étude en vue de l’implantation d’un FabLab à Dakar, dans le cadre de l’Ecole des Communs développée par Kër Thiossane à l’échelle de son quartier.

Ce récit est une prise de note journalière à la première personne. Il s’agit de notes prises sur le vif lors des visites et rencontres qui ont eu lieu pendant son séjour en compagnie d’Olivier Heinry et Claire Williams.

 

Loïc Mailly

Loïc Mailly

Mi-Picard, mi-Breton je suis né le 16 février 1980 à Amiens en Picardie. Au même moment à travers le monde, Jean Paul II faisait un discours devant les membres du conseil National pour les vocations, les USA battaient au hockey sur glace la Norvège sur un score de 5 à 1 aux jeux Olympiques de Lake Placid et une éclipse totale de soleil était visible en Chine dans la province du Yunnan.Le 16 février fût donc un grand jour dans l’histoire de l’humanité et le premier jour de ma vie.

Ayant habité toute mon enfance dans la bien nommée « rue du pinceau », j'ai décidé une fois mon bac en poche de quitter ma Picardie natale pour suivre des études artistiques. Durant cinq années, je suis donc parti m’exiler aux Beaux-Arts de Dunkerquepuis en Lorraine à l’Ensa de Nancy.
Après plusieurs petits boulots et quelques aller-retour entre la France et le Mali, j'ai fini par déposer mes valises à Amiens où entouré de ma petite famille, je navigue gaiement entre mon métier d’animateur socio-culturel et mon activité d’illustrateur.
Aujourd’hui, avec le D.U. « Métier Facilitateur", je compte bien ajouter une nouvelle corde à mon arc pour continuer à explorer et bidouiller le monde avec les autres.
Loïc Mailly

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